Barbara Le Pichon
D É M A R C H E  A R T I S T I Q U E
Je dessine des arbres.
 Et je crois que je dessine aussi notre manière d'habiter le monde.
Les arbres qui m'attirent sont rarement les plus parfaits ou les plus réguliers. Ce sont souvent ceux qui ont développé une présence singulière, une manière bien à eux de pousser, de traverser les saisons et les épreuves, ou d’occuper le paysage.
Un arbre penché, tordu, n'est pas un arbre raté.
 C'est un arbre qui a trouvé sa manière de pousser et son équilibre.
 D’autres encore se déploient librement hors des formes attendues.
 Certains montent droit vers le ciel.
 D'autres contournent les obstacles.
 Et il y a aussi ceux dont leurs contraintes deviennent leur beauté.
C'est cette expression du vivant qui m'intéresse.
En les dessinant, il m’arrive de reconnaître quelque chose de moi-même.
 Peut-être parce que nous partageons deux mêmes histoires : celle du vivant qui cherche sa forme propre et celle d’une forme qui raconte l’histoire de son existence.